La Commanderie

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LES ORIGINES de la COMMANDERIE de VILLEDIEU LES BAILLEUL

 

Cette Commanderie, si oubliée aujourd'hui, est la plus ancienne de toutes les Commanderies puisque, par un singulier paradoxe, elle a existé avant la fondation de l'Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem.

En effet, en 1060, Guillaume, duc de Normandie, le futur Conquérant, a donné une terre entre la Dives et la forêt de Gouffern à la Maison Hospitalière de Saint-Jean de Jérusalem.

C'est après la première Croisade, qui vit la fondation de l'Ordre des Hospitaliers, que les dons vont affluer et que vont se former dans toute l'Europe des Commanderies. En ce qui concerne Villedieu, on trouve aux Archives Nationales la traduction en français du XV° siècle d'une lettre en latin de Guillaume, duc le Normandie, qui confirme les donations faites entre 1100 et 1200 aux Hospitaliers de Saint-Jean pour Villedieu-les-Bailleul.

Deux seigneurs importants avaient participé à la première Croisade, en étaient revenus sains et saufs après avoir constaté sur place le dévouement des Hospitaliers. Ce sont Regnault de Bailleul et Geoffroy de Tournay.

«Regnault de Bailleul donne, tant pour lui que pour son père Renault et son fils Guillaume, des landes et des terres entre Tournay et Trun, un étang, une part de terre pour bâtir un moulin et cinq sols tournois de rente

Bien après, Guillaume lui-même donne la terre pour le moulin et l'écluse d'icelui et il ajoute « Monseigneur Regnault a concédé la terre octroyée a perpétuité, laquelle est exempte de toute charge, pour en fouir ainsi qu'il est accoutumé, et des droits appartenant à icelle comme appréhender le larron et le brigandage de toute chose, la guerre et le sang, le droit de moudre et le droit de pâture par toutes ses pâtures et challes de Coulonces à Tournay. »

Geoffroy de Tournay donne à perpétuité tant pour lui que pour Richard son père et Elise sa mère, au « Saint Hôpital de Jérusalem une lande sise entre Tournay et Bailleul, paisible, franche et quitte de toute personne et (le toute colonie avec deux sols .manceaux à prendre sur son four de Tournay en la feste de Saint Rémy ». Il ajoutera ensuite le don perpétuel d'une terre jouxtant la lande déjà donnée, don fait en présence et avec le consentement de Regnault de Bailleul, lequel. paraît être le suzerain de Geoffroy de Tournay.

L'élan ainsi donné, Regnault et Geoffroy ont eu des imitateurs. «Le sire de Médavy et Sibille sa femme donnent pour eux et pour Paul leur père et pour les âmes des trépassés une lande sise entre Bailleul et Tournay et une terre déserte qui est en leur domainance. et tous droits et prérogatives qu'ils ont en icelle avec puissance et les charges comme empêcher le larron et le brigandage ».

Othon de Neauphes, tant pour lui que pour sa femme, dame et maîtresse, comtesse d'Amon et par son commandement « donne perpétuellement aux pauvres de Saint-Jean le feu et le chauffage de leur propre maison afin que, Dieu aidant, ils puissent obtenir victoire sur leurs ennemis et reposer en paix avec le Père, le Fils et le Saint-esprit ».

Des dons successifs viendront s'ajouter aux premiers et les compléter. Philippe de Commeaux concède une terre « laquelle il se connaît en l'aumône de Regnault de Bailleul » et y ajoute douze sols manceaux donnés par acte à Jean, Frère du Grand Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem.

En présence d'Edouard de Médavy, Geoffroy de Saint-Hilaire et Anne sa femme et Jean son neveu, donnent au Saint Hôpital « une terre paisible et franche pour faire son moulin et douze sois manceaux parce qu'ils ont eu la charité des Frères Hospitaliers ».

Geoffroy et Raoul, fils d'Osbot de Trun, donnent à perpétuité une terre paisible.

En 1200, on trouve « le Rolle de plusieurs dons faits à l'Hôpital pour l'augmentation du temporel »; on y relève par exemple : 4 perches de terre à côté de l'écluse, 4 sols manceaux, un marc d'argent, une pièce de terre à côté de la Croix. Guillaume de Tournay y ajoute « le pré qui est près du moulin de Colas et une pièce de terre sur le chemin d'Argentan ». Le domaine s'arrondit car Guillaume Possotte donne le champ du Val, un champ à côté et 40 sols. Un sire de Neauphes donne un champ au bout du champ du Val et 10 sols. Guillaume Maréchal, prêtre à Sées, fait en 1241 donation des biens qu'il possède à Neauphes. Guillaume de Maimbeville donne une terre à Neauphes et Durand Bordon abandonne tout son héritage.

Dans le cours du XIII° siècle, il y aura encore des dons aux Hospitaliers, tantôt importants, tantôt modestes, parfois touchants. L'Impératrice, fille du roi Henri 1er , donne à l'Hôpital 5 livres de rentes à prendre sur son domaine d'Argentan pour l'âme de son père, le Roy, et de son époux le comte Geoffroy d'Anjou tandis qu'un pauvre paysan donne 2 chapons et 15 oeufs.

L'énumération de tous ces dons serait fastidieuse. Mentionnons pour terminer, un dépôt assez curieux 100 marcs d'argent déposés par le père d'Isabelle Erenburge d'Hauteville, mort en Terre Sainte, somme destinée à marier la dite Isabelle.

Les Hospitaliers de Saint-Jean ne reçoivent pas seulement des terres, mais des maisons et des rentes. à Trun, en 1710, ils ont encore une maison donnée au XIV, siècle ,c C'est une maison avec boutique louée à François Dudouyt et un jardin d'une vergée situé près de l'hôtellerie de Jacques Janvier, au bourg de Trun, jouxtant d'un côté Claude Alliot, sieur de Montmarin, Conseiller du Roy, de l'autre la Maison de Dieu de Trun, d'un bout le grand chemin d'Argentan à Falaise et d'autre bout la sente qui conduit à Coulonçes. „

A Carrouges, une maison depuis 1300. A Caen, depuis cette même date de 1300, une maison, paroisse Saint-Jean, une maison, paroisse Saint Pierre, louée pour une livre de gingembre pris du meilleur u. Ces maisons doivent porter une croix pour marquer qu'elles sont en possession de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem (1). Un bail de 1711 nous précise l'emplacement de la dite maison, louée 40 livres à Adrien d'Aruzy, écuyer, sieur de Criqueville. « Elle est au carrefour Saint Pierre, jouxte d'un côté noble homme Michel Lemière, sieur de Saint Michel et la rue tendant au tripot et a la halle aux bleds du dit Caen et d'autre côté donne sur la rue tendant au Pont Saint Pierre ». Ces maisons proviennent sans doute des Templiers. On trouve des terres partout : Falaise, Jort, Sérans, St Martin de Fresnay, St Pierre la Rivière...

Au XIII° siècle, tout le territoire compris entre la lisière Nord de la foret de Gouffern et la Dives de Trun ne contenait aucune habitation. Les moines de St André défrichaient à la lisière de la foret de Gouffern, entre Tertu et St Benoît. On trouvait quelques chaumières autour du château de Bailleul, et quelques autres à Méguillaurne ; au-delà le terrain descendait en pente douce vers la Dives sur plus d'une lieue, avec, en son milieu, un bombement rocheux portant landes et pâtures, données à l'Hôpital de St Jean de Jérusalem. C'est sur cette crête que s'installa la Commanderie. L'emplacement en fut dénommé Villedieu, pour en bien marquer le caractère religieux. Il est difficile de préciser la date du premier établissement de l'Ordre des. Hospitaliers sur cette zone déserte, et même assez peu sure, témoin la recommandation des donateurs de poursuivre le larron et le brigand. On peut sans grande erreur la situer aux environs de 1260, et voici pourquoi : le Grand Maître de l'Ordre des Hospitaliers envoyait à ses Commanderies des copies des bulles pontificales et des lettres des rois comportant privilèges pour l'Ordre. Or, nous trouvons toutes les bulles et édits à partir de 1300 dans les Archives de la Commanderie de Villedieu. Voici en 1313 le videmus du prévôt de Paris, des lettres du roi Philippe le Bel par lesquelles « il investit le Frère Bernard de Tibertes, procureur général des biens de St Jean de Jérusalem, de tous les biens des Templiers étant au royaume de France ». Aucune terre de Villedieu ne provient des Templiers, mais il n'en est pas de même pour ses Membres, ou plus exactement la donation des biens des Templiers amena le rattachement à Villedieu par création d'annexes : Villedieu-Montchevreuil par exemple.

Voici en 1326 copie des lettres du roi Charles IV confirmant les lettres de Louis VII et do Philippe le Bel, relatives aux privilèges de l'Ordre ; puis celle de Charles V en 1364.

Videmus (copies) des bulles du Souverain Pontife concernant les privilèges, libertés, immunités, indulgences, accordées a l'Ordre des Hospitaliers se succèdent, assez identiques les unes aux autres. Notons en 1475 une quête ordonnée pour le secours de l'Ordre, c'est-à-dire au moment où Rhodes est assiégé ; et celle de 1480, « levée de deniers charitables pour le secours de l'Ordre de St Jean contre les Turcs »

Enfin, pour terminer, la date connue de 1515, ou une lettre de François 1er confirme les lettres des rois Philippe de Valois, Charles V, Charles VI, Charles VII, Louis XI, Charles VIII, Louis XII, concernant les privilèges de l'Ordre.

Les archives du Commandeur de Villedieu les Bailleul le renseignaient donc abondamment sur les pouvoirs qu'il tenait de l'Ordre et sur les privilèges.

Sur le chemin de Tournai à Villedieu, la Croix-Basse au fut écourté, est du type Malte et doit être l'une des dernière à marquer une propriété de la Commanderie.

Information contradictoire : il n'existe pas de commune denommée Grandvilliers dans l'Orne, ... peut-être un lieu-dit - A vérifier !

http:/www.templiers.net/commanderies/

Villedieu-sous-Granvilliers (61)
C'était, d'après le Livre-Vert, une ancienne commanderie du Temple, peu importante d'ailleurs, puisqu'elle n'avait, pas de chapelle...

 

Aspect Patrimonial : La COMMANDERIE de VILLEDIEU LES BAILLEUL

Commanderie d'Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem Saint-Jean-Baptiste

titre Commanderie d'Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem Saint-Jean-Baptiste
localisation Basse-Normandie ; 61 ; Villedieu-lès-Bailleul
aire d'étude Trun
dénomination commanderie
parties constituantes église ; parties agricoles ; colombier ; chapelle
objets mobiliers
époque de construction 16e siècle ; 17e siècle ; 18e siècle
auteur(s) maître d'oeuvre inconnu
historique En 1060, Guillaume de Normandie donne à la maison hospitalière de Saint-Jean-de-Jérusalem la terre entre la Dives et la forêt de Gouffern. Commanderie établie au 12e siècle avec les donations de Regnault de Bailleul et Geoffroy de Tournai. Eglise reconstruite au 16e siècle. Clocher-porche 17e siècle. Chapelle et logis du commandeur figurés sur plan 1750 détruits. Colombier mentionné en 1662 détruit. Bâtiments agricoles 18e siècle
gros-oeuvre calcaire ; grès ; moellon ; appareil mixte ; enduit partiel
couverture (matériau) tuile plate ; ardoise
plan plan allongé ; plan régulier
étages 1 vaisseau ; 1 étage carré
couvrement lambris de couvrement
couverture (type) toit à longs pans ; pignon découvert ; pignon couvert ; flèche polygonale
escaliers escalier dans-oeuvre
  propriété privée ; propriété de la commune
date protection MH édifice non protégé MH
type d'étude inventaire topographique
N° notice IA00001450
  © Inventaire général, 1986
Dossier consultable service régional de l'inventaire Basse-Normandie
13 bis Rue Saint-Ouen 14052 CAEN Cedex - 04 02.31.38.39.30

Ministère de la culture - Mérimée

Edifice de conservation Désignation Siècle
commanderie d'hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem ; Saint-Jean-Baptiste autel, retable (maître-autel, autel tombeau, retable architecturé) 4e quart 18e siècle ; 1er quart 19e siècle
commanderie d'hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem ; Saint-Jean-Baptiste banc d' oeuvre, tronc 18e siècle
commanderie d'hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem ; Saint-Jean-Baptiste bas-relief (3) : Christ Sauveur, saint Jean-Baptiste, saint Laurent 4e quart 18e siècle
commanderie d'hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem ; Saint-Jean-Baptiste chaire à prêcher (d' applique, suspendu) 2e moitié 18e siècle
commanderie d'hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem ; Saint-Jean-Baptiste croix : Christ en croix 18e siècle
commanderie d'hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem ; Saint-Jean-Baptiste croix d'autel 18e siècle
commanderie d'hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem ; Saint-Jean-Baptiste ensemble (autel, retable, tabernacle, thabor) : du maître-autel  
commanderie d'hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem ; Saint-Jean-Baptiste lutrin 19e siècle
commanderie d'hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem ; Saint-Jean-Baptiste meuble de sacristie (chasublier) 18e siècle
commanderie d'hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem ; Saint-Jean-Baptiste statue : Vierge à l'Enfant 14e siècle
commanderie d'hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem ; Saint-Jean-Baptiste tabernacle, thabor (tabernacle à ailes) 4e quart 18e siècle ; 1er quart 19e siècle
commanderie d'hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem ; Saint-Jean-Baptiste tableau (tableau d'autel) : Baptême du Christ 4e quart 18e siècle
commanderie d'hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem ; Saint-Jean-Baptiste tableau : sainte Thérèse d'Avila 17e siècle

Ministère de la culture - palissy