Balliol college

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Balliol Collège  

Le Baillol collège est un des plus importants d'Oxford 

qui forma et forme encore une grande partie de l'élite anglaise, comme notre ENA.

Le tableau généalogique ci-dessous établi notamment à partir de * http://a.decarne.free.fr permet de faire la liaison entre Guy de Bailleul, né à Bailleul Orne en 1070 et  Jean de Bailleul, comte d’Harcourt, régent d’Ecosse (1213 – 1369) époux de Devorgilla de Galloway fondateur du Balliol College.

Cette thèse semble en contradiction avec les éléments communiqués par M. John Jones, Vice Master and Archivist of the Balliol College (e-mail du 15 janvier 2004) :

« There are a dozen or so places in France and Belgium which are or were called Bailleul , and many of them in mediaeval times gave their names to families which had no blood or other connections with each other. Partly as  result of this several such places have local legends about their connection with us and or the John Balliol son of our Founder who was briefly King of Scotland which are without the slightest foundation.
The Balliol family of  which our Founder  was in his time head ,  who became great  landowners in England as well as France in the period 1100-1300 , sprang from Bailleul-en-Vimeu in Picardy. The motte (great artificial mound )  on which their principal castle  in France was built survives in the  Bois de Bailleul on high ground to the south of the village, part of the Chateau Coquerel estate. They had extensive estates and may have had outlying  castles, but I do not know whether their lands stretched as far as where you are. I am inclined to doubt it.

Blasons

Parti, d'azur, un lion dressé d’argent, couronné, accolé d’un orle d’argent.

Ce blason est composé à partir de celui du fondateur, Jean Balliol, complété par celui de sa femme, Dervorguilla. 

Le blason de Jean Balliol est un orle d’argent ; celui de sa femme est d’azur, un lion d’argent couronné.

Ces deux blasons sont disposés sur la barrière du collège, isolément ou accolés.

Historique

Aux environs de 1260, ou peut-être quelques années avant, John de Balliol, châtelain de Barnard Castle, fut impliqué dans une dispute territoriale avec l'Evêque de Durham. Balliol devint impatient et insulta l'évêque, qui lui imposa une pénitence.  La tradition voulait qu’il subisse une flagellation en public à Durham devant la porte de la cathédrale et qu’il accomplisse un acte substantiel de charité. Il se déchargea de la deuxième partie de sa pénitence en louant une maison juste en dehors du mur de la cité d’Oxford, et en y maintenant des étudiants pauvres. La maison se situait à peu près à l’emplacement actuel des logements du Principal. La date de cette fondation est traditionnellement estimée à 1263. Il n’y a réellement aucune évidence pour une telle précision, mais il est connu que le collège existait bien en Juin 1266. Quelle que soit la date exacte, si l'âge d'un collège doit être calculé à partir de la date où ses membres vivent pour la première fois, en collectivité sur son site actuel, alors Balliol est bien le plus vieux collège de l’Université. Quand John Balliol mourut en 1269, sa veuve Dervorguilla devint dame patronnesse. Elle continua à donner un soutien financier, qu’elle mis à disposition sur une base permanente par la formulation de statuts (1282) et donna une maison aux étudiants, un nouveau Balliol Hall, situé près de l’actuelle position de la chapelle (l284).

Au début, il y eut seize Camarades ou chargés de cours (les termes étaient synonymes jusqu'à beaucoup plus tard) recevant une indemnité de 8 pennies par semaine chacun jusqu'au moment où ils atteignaient le niveau de Maître d'arts. Ils ne leur étaient pas permis d’étudier dans d'autres facultés, et s'ils voulaient continuer à l'université, ils devaient prendre d’autres dispositions, ce pourquoi plusieurs d'entre eux émigrèrent à Merton College dans les premières années.  Le collège était fermement établi à la fin du 13° siècle, mais l'interdiction d'étude pour les niveaux supérieurs amena bientôt certaines difficultés. Le problème fut résolu par Sir Philip de Somervyle, avec un apport qui permit d’accroître le nombre de places par six. Ces nouvelles places furent mis à la disposition des étudiants diplômés Maîtres d'arts qui voulaient faire des études de théologie, de droit ou de médecine. Somervyle donna aussi nouveaux statuts (1340), mais ils s’avérèrent inexploitables et furent révisés par l'évêque de Londres quelques vingt–cinq ans plus tard.  John Wyclif était principal à cette époque. Bien que le mieux connu des premiers membres de ce collège, Wyclif ne fut pas, loin s’en faut, le premier ancien élève distingué, après Richard Fitzralph (Archevêque d’Armagh) et le ‘Docteur Profundus' Thomas Bradwardine (Archevêque de Canterbury, théologien, philosophe et mathématicien) qui y furent étudiants avant 1330.

L’accueil de Communautaires ou 'Séjourneurs', qui n'étaient pas membres de la fondation mais associés au collège plutôt comme invités payants, devinrent un fait habituel au 15° siècle.  L’un d’entre eux, William Grey, futur évêque d’Ely, étudia et voyagea dans L'Europe en 1445, et accumula un nombre important de livres manuscrits qu'il donna ou légua au collège, à l’origine de la plus grande collection médiévale existante encore en Angleterre. George Neville, frère de Warwick le faiseur de roi, y fut aussi un séjourneur un peu plus tard que Gray :  il fut Evêque d’Exeter avant ses vingt ans et devint archevêque d'York en 1464, mais le principal souvenir qu’il laissera pour son immortalité est le prodigieux festin de deux jours à l’occasion de la célébration d’un des progrès remarquables de sa carrière.  Au 17° siècle, des historiens indiquent l’existence au collège de plusieurs élèves importante au 15° siècle (tel que l’Archevêque Cardinal Morton) mais certaines de ces assertions peuvent avoir été pleine de fantaisie. Le témoignage circonstanciel de certains cas (Cuthbert Tunstall, un évêque, politicien et érudit influent. par exemple) put être fourni, indiquant qu’en quelque sorte le collège favorisait spécialement les jeunes nobles à cette époque.

La fin du 15° siècle vit Balliol raisonnablement prospère, sur un site en expansion, avec l’ajout de plein  de bâtiments collégiaux.  Richard Foxe, Evêque de Winchester (et fondateur du collège Corpus Christi), promulgua de nouveaux statuts en 1507. Le nombre de Camarades fut réduit à dix ; les étudiants furent considérés comme une vraie classe junior littéralement subordonnée aux chargés de cours, chacun d’entre eux avait le droit de nommer un étudiant ;  et le collège se vit donner le privilège unique, qu'il a encore, de nommer son propre controleur. 

Au 16° siècle, Le collège resta fidèle à son allégeance à Rome (voir Des catholiques Romains). Il essaya de résister quand Henry VIII fit sa demande de reconnaissance de sa suprématie sur le Pape en 1534, le Principal et cinq chargés de cours signèrent leur soumission après avoir ajouté la condition que rien ne serait fait pour porter préjudice à la loi divine, aux dispositions de la foi orthodoxe, ou à la doctrine de la Sainte Mère Eglise Catholique.  Les autres concessions connues de la Communauté furent faites sans aucune condition.  Les membres du collège purent pratiquer tranquillement le rite catholique sous  les règnes de Henry VIII et d’Edward VI sans aucun problème. A l'accession de Mary la Catholique en 1553, changement total : James Brookes, le Principal fut promptement nommé Evêque de Gloucester. Il fut un acteur indéniable des persécutions de Mary comme un des juges qui condamnèrent les protestants Latimer, Ridley et Cranmer à être brûlés vifs à Oxford, dans Broad Street (d’où Le mémorial des martyrs). Les catholiques restèrent fortement représentés dans la communauté jusqu'au milieu du règne de Elizabeth I, et survécurent même après la résignation forcée de 1574 de Robert Persons (Camarade 1568-74), qui fut un leader jésuite et collègue de St Edmund Campion, St Alexander Briant fut aussi brièvement associé avec Balliol avant de partir à l'étranger :  il revint ultérieurement comme prêtre catholique missionnaire et, avec Campion, fut exécuté à Tylburn pour haute trahison en 1581, après avoir été reçu dans la Société de Jésus en prison. Thomas Pylcher (Camarade 1577-81) fut un autre qui suivit le même chemin. Il fut martyrisé à Dorchester en 1581.

Le collège se développa et prospéra avec la fin de la controverse et le nombre de « Commoners » augmenta considérablement.  Les règlements pour cette catégorie furent redéfinis pour une organisation plus stricte : ainsi il devint nécessaire aux étudiants d’avoir des tuteurs, bien que les dispositions restent une affaire de contrat purement privé.  Le responsable de cette expansion fut Edmund Lilly (Principal de 1580 à 1609).  Laurence Kemis fut un Camarade à son époque, il démissionna en 1589 pour une vie plus aventureuse en mer, et devint le second du Capitaine Sir Walter Raleigh. George Abbot, ultérieurement Archevêque puritain de Canterbury, fut contemporain de Kemis. Son frère Robert Abbot succéda à Lilly comme Principal :  de lui il fut dit qu’il fut ‘le jardinier attentif et compétent d’une serre avec les meilleures plantes, faisant toujours le choix des meilleurs jeunes hommes dans toutes les sélections, et quand il les avait établi, il prenait soin de les arroser et de les tailler de telle sorte qu’aucun défaut n’apparaisse dans la célèbre pépinière qu’était en son temps, le collège Baliol dans l'université d’Oxford, produisant « les plus belles fleurs et les fruits les plus sucrés ».  Un des premiers actes de sa courte mission (1610-16) fut l'ouverture des portes aux camarade Communautaires : les étudiants riches furent admis aux privilèges de la table haute contre le paiement d’honoraires substantiels.  John Evelyn, l’auteur d’un journal, vint comme un de ceux-ci en 1637. Le collège fut aussi remarquable au début du 17° siècle pour une succession de membres grecs, incluant Metrophanes Kritopoulos (qui devint Patriarche d’Alexandria), et le réfugié crétois Nathanael Konopios, à qui l’on attribue l’introduction du café en Angleterre. Les expositions et les récompenses qui furent crées à cette période avaient souligné les bases régionales, ce qui fut interdit expressément dans l'injonction d'un Visiteur en 1542.  La fondation Blundell (1601) fut spécialement significative à cet égard. Ainsi, un étudiant ayant un droit de succession à un Camarade devait être choisi parmi les élèves de l’école de Blundell à Tiverton dans le Devonshire.

La Guerre Civile causa une chute brutale du nombre d’étudiants et en conséquence, une réduction des revenus.  Pour empirer les affaires, le collège fut obligé de ‘prêter’ non seulement la plupart de ses  liquidités (£210) mais encore toute sa ‘vaisselle domestique en argent’ (évaluée à £334) dans les années 1642-3.

Aucun remboursement n'a jamais été fait. Les finances du collège furent dans un état précaire en 1665 dû aux dettes aux marchands pour les ravitaillements fondamentaux et aux importants retards de paiement des membres déficients. Ses bâtiments principaux se détérioraient - ils avaient fait l’objet de peu d’attention pendant les 150 années.  Les coffres étaient vides, les admissions étaient aléatoires et la perte des loyers des propriétés de Londres après le Grand Incendie de 1666 était presque la dernière goutte qui fait déborder le vase. Un poste de Camarade fut supprimé - dans le jargon moderne, ce poste fut suspendu - mais l'économie fut insuffisante et un appel était lancé. A cette époque, peut-être pour renforcer l’impact de la publicité, Henry Savage, le Principal, écrivit « Balliofergus », la première histoire d’un collège complète et documentée à être publiée. Quand Thomas Goode devint Principal en 1672, il poursuivit le développement de la collecte de fonds avec grande persistance mais un pauvre jugement. Un de ses plans fut un accord avec les banquiers de l’école Blundell, pour une avance en trésorerie de £600, en contrepartie du doublement du nombre place pour les candidats de Blundell à perpétuité.  Ce qui devait permettre à ‘la faction des pays de l'ouest’ de prendre un rôle prépondérant au siècle suivant. Peu après cela, des bourses d’études pour les bacheliers de l’université de Glasgow à Balliol furent dotées par la succession de John Snell. Ce plan fut considéré avec suspicion pendant plusieurs années, et fut le sujet de litige ultérieurement ; mais le courant de bacheliers talentueux qu’il amena de Glasgow opéra à l'avantage incontestable du collège, et continue encore à le faire. Roger Mander fut même plus heureux que Goode pour attirer les bienfaiteurs, et à la fin de son mandat (1697-1704), le nombre était monté à un niveau encore constant, certaines réparations furent exécutées sur les bâtiments et la position financière devint beaucoup plus solide. Il n'y eut pas beaucoup de membres ‘de distinction’ au début du 18° siècle, mais on peut citer les mathématiciens John Keill, James Stirling (un boursier de Snell), et l'astronome Royal, James Bradley. Stirling fut un des nombreux membres du collège à avoir des problèmes à cause de ses croyances Jacobite. Theophilus Leigh fut élu Principal en 1726.  Sa qualification principale pour ce poste était d’être le neveu du Visiteur. Son élection fut une affaire bizarre, scandaleusement conduite, incluant des extravagances, telle cette tentative de faire passer pour fou le détenteur d'un vote critique. Malgré la manière de son élection, les mémoires ne relatent pas son mandat d’une manière particulièrement défavorable, et la baisse continue du collège pendant ses soixante années à ce poste, était due plus à l’inactivité et aux facteurs externes qu’à la corruption ou au scandale.  C’est un paradoxe curieux que de voir à Balliol un de ses plus grands ‘fils’ à l’époque de Leigh : Adam Smith y résida comme boursier de Snell entre 1740 et 1746. 

Au temps de la vieillesse de Leigh, il y eut un bref renouveau dans les normes académiques sous l'influence de Richard Prosser (Camarade de 1773 à 1793). Les nombres montèrent relativement, et les premières joutes furent engagées dans ce qui allait devenir une longue compétition pour établir le principe que des candidats externes puissent être préférés aux étudiants dans les élections de la Communauté. L’organisation et le contrôle financier de l’enseignement personel fut repris par le Collège à ce moment là.  Malheureusement, en 1780, la dette était encore élevée, de plus de £2000, malgré la suppression d'un poste de camarade en 1776. Les travaux de John Davey, qui succéda à Leigh en 1785, furent dirigés essentiellement vers la gestion des affaires du collège. Les comptes furent en ordre en une décennie, partiellement par suite de l’augmentation du revenu des anciennes propriétés du Northumberland qui se trouvèrent être placées judicieusement au dessus des mines de charbon en plein développement. Par contre, l’effectif chuta et atteint un très bas niveau quand John Parsons fut élu Principal en 1798.

Parsons consolida le principe que la démonstration de la qualité de l’enseignement devait être l’atout principal dans une compétition ouverte pour la progression du collège. En 1806, en insistant sur l'élection d'un membre externe de préférence à trois étudiants pour un poste de camarade, il persuada le Visiteur de faire taire les protestations de l'opposition et régler ainsi la question pour toujours. L’esprit de compétition des camarades du collège Balliol lui donna une particularité, et Parsons fut capable d'attirer et de recruter des tuteurs qui apportèrent leurs talents sur leurs élèves qui obtinrent des résultats fructueux aux examens avec mention. Ceci créa une plus grande demande pour l'admission qui ne put être satisfaite et devint sélective et permit d’élever le niveau des normes académiques.

Parsons mourut en 1819, et son bras droit Richard Jenkyns, fut élu Principal et continua dans la même voie. En 1827, Jenkyns et ses collègues, probablement largement à l'instigation de C.A. Ogilvie, le tuteur supérieur, prirent la décision d’abandonner les parrainages individuels et de créer un examen d’admission ouvert à tous. En peu d’années, cela conduisit à une succession régulière d’admission comme élèves, des jeunes hommes les plus valables du pays. Parmi les premiers élus, furent A.C. Tait et Benjamin Jowett qui, tous les deux, gagnèrent leur diplômes de Camarades et devinrent des tuteurs remarquables.

A l’époque de Jenkyngs, le collège de Balliol fut au cœur de plusieurs agitations du Mouvement Catholique d’Oxford, mais le collège survécut à cette tension et son développement n’en fut guère affecté. Au milieu du siècle, il fut la force principale de l'université.

Les cinquante années suivantes furent caractérisées par une tendance croissante vers des vues libérales parmi les Camarades et la diversification des talents et des personnalités les stimula.  Sous Jowett, qui fut Principal de 1870 à 1893 mais animateur efficace de beaucoup plus tôt, les qualités académiques étaient toujours encouragées, mais aussi l’originalité et on insistait sur le caractère, l’esprit d’initiative, de devoir et de fonction publique.  Des relations informelles voire proches entre professeurs et élèves prévalaient – par exemple, pendant les congés des réunions de la lecture étaient organisées. Ce qui devint une composante essentielle de  l’éthique du collège de Balliol. Plusieurs Camarades, comme Jowett, furent proéminents dans les débats de 1850 à 1870 sur la réforme de l'université (voir Comissions Royales), que le collège de Baillol anticipa dans plusieurs domaines. Certains (notamment T.H. Greens) furent aussi à l’avant garde dans les différentes campagnes pour ouvrir l’enseignement supérieur et les diplômes universitaires aux femmes.  Les femmes furent autorisées à assister aux cours des collèges dès 1884, à condition d’être assistée par une personne plus âgée. Une avancée importante fut l'ouverture d'un laboratoire de science du collège en 1853. Jowett initia aussi les concerts du dimanche dans le Hall qui est encore une caractéristique spécifique de la vie à Balliol.  Les prouesses athlétiques furent aussi très bien considérées : des hommes comme Edmond Warre, qui obtint trois fois, deux premières places dans le challenge d’aviron pour Oxford contre Cambridge et qui devint Principal au collège d’Eton, étaient probablement proches des idéaux de Jowett. 

Seul un petit nombre des hommes de Balliol à s’être distingués sous l’influence de Jowett peuvent être cités dans l'espace disponible. Des poètes : il y eut Matthew Arnold, Hilaire Bclloc, Arthur Hugh Clough, Gerard Manley, Hopkins et Algernon Swinburne ; des homme d’église, l’archevêque Lang, le cardinal Manning et l’archevêque Frederick Temple ;  des hommes d’état, Asquith, Lord Curzon, Grey, Lansdowne et Milner. Ils furent les représentants du collège de Balliol des générations pour lesquelles Asquith identifia la singulière caractéristique de ‘la supériorité sans effort' - une expression qui a titillé les membres du collège depuis ce temps. 

La fin de la période Victorienne vit la création de la tradition cosmopolite qui est une caractéristique fondamentale du collège de Baillol moderne – à l’époque où nous écrivons, environ trente nationalités sont représentées au collège. A.L. Smith et A.D. Lindsay devinrent successivement Principaux entre 1916 à 1924 et 1924 à 1949. Tous les deux furent partisans de la formation continue pour les travailleurs - et Balliol devint, un lieu habituel de cours d’été. Les traditions précédentes furent continuées dans le collège, la qualité de l’enseignement atteignit un sommet en 1928 quand des plus de 40 pour cent des candidats du collège prirent les premières places dans les concours de fin d’études de l’Université. Le fait le plus marquant, et de loin, du développement du collège entre les deux guerres mondiales fut l'acquisition et l’extension de Holywell Manor comme annexe résidentielle. Bien que destiné à être une partie intégrante du collège, il fut de plus en plus choisi par des diplômés et a évolué comme une institution de diplômés avec un caractère de son propre, tout en restant une partie intégrale du collège. L'accroissement du nombre et de la proportion d'admissions de diplômés (entre un quart et un tiers de toutes les admissions en 1985 – le plus fort  pourcentage de tous les collèges traditionnels) représente un changement remarquable, équivalent seulement à celui de l'admission des femmes. Balliol fut le premier ancien collège à avoir une femme camarade et tuteur en 1973, à avoir admis des femmes comme étudiants depuis 1979.

La gamme des distinctions obtenues pendant la période post-Jowett à Balliol dépassa les records précédents.  Des dirigeants religieux une fois de plus - Chef Rabbin Israël Brodic, Shogi Effendi (Gardien de la foi du Baha'i), le cardinal Heard et l’archevêque William Temple ; des hommes d’état – Lord Beveridge, Edward Heath, Roy Jenkins, Sir Seretse Khama, Lord Stockton, Vincent Massey, Lord Samuel ;  des écrivains – Graham Greene, Aldous Huxley, Anthony Powell, Nevil Shute ; et des artistes créatifs dans d’autres médias - John Schlesinger dans le cinéma et Laurence Whistler pour les vitraux ; des sportifs le Nawab de Pataudi et son fils 'Tiger', les deux capitaines célèbres de l’équipe de l’Inde au cricket, et Richard Sharp, capitaine de l’équipe d'Angleterre de rugby l'année où il fut diplômé ; des lauréats du Prix Nobel - R.S. Blumberg, Sir Cyril Hinshelwood ; de nombreux juges siégeant à la Chambre des Lords, des ambassadeurs et des ministres ; le fameux détective Lord Peter Wimsey ;  et, en grand nombre, des membres de la Société Royale et de l'Académie Britannique.

La tour au dessus du portail d’entrée et la rangée de bâtiments face à Broad Street furent bâties par Alfred Waterhouse en 1867. Les bâtiments (Escaliers I-VII) sont connus sous le nom de Brackenbury, celui de la bienfaitrice Mademoiselle Hannah Brackenbury, dont les dons permirent leur construction. Le blason des Brackenbury a une place d’honneur sur le portail (voir Blasons).

En passant par le portail, le visiteur entre le premier quadrilatère. Le plan quadrangulaire fut probablement établi au 14° siècle mais chaque partie du quadrilatère a été réparée, restaurée ou rebâtie complètement plusieurs fois, et son histoire architecturale est mal connue. Les seuls vestiges des bâtiments primitifs sont des parties des murs extérieurs sur les côtés d'ouest et nord, commençant au passage de chapelle (en face du portail) et en tournant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre jusqu’à la fenêtre en encorbellement du logement du Principal. 

Les mémoriaux des deux guerres mondiales, dans lesquelles plus que 300 membres du collège tombèrent, s’alignent sur les murs du passage de la Chapelle. Les noms de la première guerre mondiale comporte les hommes décorés de la Victoria Cross qui leur fut attribuée à titre posthume à G.N. Walford et J.A. Liddell ; le troisième décoré survécut à la guerre, A. Carton de Wiart devint ultérieurement le Général Sir Adrian Carton de Wiart.  Raymond Asquith, le fils aîné du Premier ministre et peut-être le plus brillant et prometteur des hommes de sa génération d’Oxford, y est commémoré, ainsi que le poète Julian Grenfell. Ronald Poulton est un autre nom qui était familier à son époque :  capitaine de l’équipe de rugby à 15 d'Angleterre invaincue en 1914, il fut tué en opération un an plus tard.  Pour la deuxième guerre mondiale, des noms allemands sont inclus :  un d’entre eux est Adam von Trott, exécuté en 1944 pour sa participation au complot destiné à assassiner Hitler.

La chapelle est le troisième bâtiment sur ce site. William Butterfield en fut l'architecte (1857). Son dessin a été très critiqué, et il y eut même une offre sérieuse pour payer la démolition et sa reconstruction juste avant la première guerre mondiale. A l'intérieur, la plupart des ameublements et décorations de Butterfield ont été remplacés et les plus intéressantes pièces sont soit récentes (par exemple, l’autel d’argent doré de 1927) ou les restes de la chapelle démolie (tel que le lutrin couronné d'aigle d’airain de 1630 environ, la chaire de l’époque de Jacques 1er et le vitrail).  Les tablettes commémoratives sont surtout postérieures à 1860 et ne correspondent pas à des enterrements réels. Les vitraux, principalement du 16° et du 17° siècles, ont été restaurés en 1912.

Le niveau supérieur du bâtiment entre la chapelle et le coin de nord-ouest du quadrilatère correspond à la vieille bibliothèque.  Il fut construit comme bibliothèque en deux phases. Thomas Chace (Principal entre 1410 et 1425) fut responsable de la première phase, Robert Abdy (Principal entre 1477 et 1494) de la seconde. Les fenêtres contiennent les blasons dans le vitrail des bienfaiteurs qui financèrent le bâtiment ou furent donneurs de livres.  Le toit et remparts furent ajoutés en 1792 par James Wyatt, qui répara aussi l'intérieur.  Les livres étaient enchaînés jusqu'à la fin du 18° siècle.

Le vieux hall, qui est maintenant la bibliothèque principale, est situé sur le coté ouest du premier quadrilatère.  Il fut bâti à peu près en même temps que la première partie de la vieille bibliothèque. Les modifications majeures furent faites par Wyatt en 1792 environ. L’aménagement en tant que bibliothèque fut exécuté en 1877.  Au sud de la bibliothèque, au-dessus de l’ancien office, se situe l’étonnante fenêtre en encorbellement du logement du Principal.

Le passage de bibliothèque amène le visiteur du coin de nord-ouest du premier quadrilatère au Jardin Quadrangulaire. De part et d’autre de la sortie sont positionnées les vieux portails, qui ont servi comme entrées principales du collège pendant les 300 ans ou plus avant le programme de reconstruction du 19° siècle.

Le Quadrilatère du jardin est un jardin, mais pas un quadrilatère. Aux 18° et 19° siècles, la moitié occidentale de la superficie était connue comme le Bosquet.  Il a moins d’arbres âgés maintenant qu'il n’en avait alors, mais ceux qui restent sont encore une partie importante de l'atmosphère qui y règne. Il est plaisant de faire quelques remarques sur les différents centres d’intérêt dans l’ordre où ils apparaissent dans le sens des aiguilles d’une montre en commençant au passage de bibliothèque.

Le logement du Principal fut rebâti par Alfred Waterhouse en 1867. Robert Scott était Principal du collège alors et ses armes figurent sur la facade de Broad Street.

Le bâtiment Fisher (Escaliers X et XI) fut construit grâce à Henry Fisher par Henry Keene en 1767. Dans la pièce derrière la fenêtre centrale du premier étage, Jowett avait l’habitude de donner des cours dans les années 1850. Sur l'inscription sur la pierre au-dessous la fenêtre, on peut lire encore 'Verbum non amplius fisher', dont la traduction littérale est 'un mot non plus Fisher') et le sens reste un mystère.

Le bâtiment Bristol (Escalier XII) est ainsi nommé à cause de son financement partiel par la Corporation de Bristol en 1720 environ.  Une partie de l’auberge de Catherine Wheel fut démolie pour cette construction. Le reste fut démoli en 1826 si bien que George Basevi put modifier et prolonger le bâtiment Bristol au nord. La Pièce Commune des Juniors, (escalier XV) fut érigé par E.P. Warren en 1912, et remplit l'écart entre les bâtiments Basevi et Salvin au nord.

Le visiteur ne pourra pas voir beaucoup du bâtiment de Warren de 1906 (escalier XXI) à partir du quadrangle, mais son autre côté a pas un dessin plaisant qui, avec l’ensemble du portail arrière asymétrique et gothique du bâtiment Salvin, fait une façade intéressante sur Beaumont Street et l’Institution Taylor.

Le bâtiment Bulkeley-Johnson (escaliers XX et XXII), qui comprend deux corps, joints par un pont au second étage, fut bâti par Geoffrey Barbe (1968). Le principal contributeur au coût des travaux fut Vivian Bulkeley-Johnson (Balliol 1909-13).

Le hall fut bâtie par Alfred Waterhouse (1877).  Dans son concept, les fenêtres étaient totalement vitrées, mais les parties basses furent obstruées par son fils Paul en 1910, quand des panneaux furent installés à l'intérieur. L'obscurité résultant de cette modification est soulagée par les brillantes décorations héraldiques peintes en souvenir des bienfaiteurs (surtout des souscripteurs du hall). Les portraits sont ceux des Principaux et des anciens-élèves distingués, incluant Lord Stockton et le Roi Olav de Norvège. L’orgue est de Willis (1885). Un objet inhabituel dans un hall de collège qui fut installé aux frais de Jowett pour les concerts.

Le bâtiment Bernard Sunley (la Pièce Commune des seniors) fut bâti par Beard (1966) ;  les fonds furent fournis par une fondation caritative crée par le philanthrope Bernard Sunley.

A l’est était le jardin du Principal jusqu'au milieu du 19° siècle, remarquable pour son Gordouli et ses muriers au nombre de 3 dans le quadrilatère. L’un d'eux est tutoré et en mauvais état depuis plus de soixante-quinze ans.  Il a été dit qu'il avait été planté par Elizabeth I et cette légende a été honorée par la plantation des deux autres par des dames de la famille royale, Mary en 1921 et la Princesse Margaret en 1950. Il est plus vraisemblable de croire que l'arbre est issu d'une des graines distribuée par James I comme partie de sa politique manquée pour créer une industrie Anglaise de la soie.

Le jardin des Camarades fut probablement clos tel qu’il est actuellement par Butterfield après la construction de la chapelle dans 1857. Une tradition absurde reportée de temps à autre, veut que l'objet en son milieu soit le tombeau de Dervorguilla la fondatrice. En fait, elle est enterrée à l’abbaye de Sweetheart à Galloway en Ecosse, et la 'tombe ' est un tas de fragments des bâtiments démolis au siècle dernier.

La définition du Collège correspond au Principal et aux étudiants du Collège Balliol au sein de l'Université d’Oxford.

(Davis, H.W.C., Une Histoire du collège Balliol, 1899, révisé par R.H.C. Davis et Richard Chasse, Oxford, 1963 ; Jones, J., Les Archives du collège Balliol d’Oxford, Chichester, 1984 ; Mynors, R.A.B., Catalogue des Manuscrits du collège Balliol d’Oxford, Oxford, 1963 ; Jones, J., Balliol College : Une Histoire 1263-1939, Oxford, 1988. )